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Trouble de l'Anxiété Sociale (TAS)

Vous appréhendez certaines situations sociales par peur d'être jugé(e), critiqué(e) ou de donner une mauvaise impression ?

Prendre la parole, rencontrer de nouvelles personnes ou simplement échanger avec les autres peut alors devenir une source importante d'anxiété, voire conduire à éviter certaines situations.

Image de Rob Curran

Qu'est-ce que le Trouble de l'Anxiété Sociale ? 

Le trouble d'anxiété sociale, anciennement appelé « phobie sociale », correspond à une peur importante dans les situations où vous pensez pouvoir être observé(e), évalué(e) ou jugé(e) par les autres.

La crainte peut porter sur différentes choses :

« Je vais dire quelque chose de ridicule. »

« Ils vont voir que je suis stressé(e). »

« Je vais perdre mes moyens. »

« Je vais faire mauvaise impression. »

« Ils vont penser que je suis inintéressant(e). »

« Je vais être gênant(e). »

Les situations concernées peuvent être très différentes d'une personne à l'autre : parler devant un groupe, rencontrer de nouvelles personnes, participer à une conversation, manger devant les autres, passer un entretien, prendre la parole en réunion ou encore téléphoner en présence d'autres personnes.

L'anxiété sociale peut également concerner des situations qui semblent ordinaires ou peu menaçantes pour les autres. Ce qui compte n'est donc pas seulement la situation elle-même, mais la manière dont elle est vécue et la peur d'être négativement évalué(e).

Vous pouvez avoir envie de créer des liens, de participer à une conversation ou de prendre part à une activité, tout en ressentant une forte appréhension à l'idée d'être exposé(e) au regard des autres.

L'anxiété sociale ne signifie donc pas nécessairement que vous n'aimez pas les autres ou que vous souhaitez être seul(e). On peut avoir envie d'avoir des relations sociales tout en éprouvant une peur importante dans certaines situations.

Principaux symptômes

Sur le plan psychologique:

Avant ou pendant une situation sociale, vous pouvez ressentir :

  • une peur importante d'être jugé ou critiqué ;

  • la crainte de faire une erreur ou de paraître ridicule ;

  • une attention très importante portée à votre propre comportement ;

  • des difficultés à savoir quoi dire ou comment réagir ;

  • l'impression de ne plus avoir accès à vos capacités habituelles ;

  • une envie forte de quitter la situation ;

  • une anticipation importante avant certains événements sociaux.

Après la situation, vous pouvez également repenser longuement à ce que vous avez dit ou fait :

« Est-ce que j'ai eu l'air bizarre ? »
« Est-ce qu'ils ont remarqué que j'étais stressé(e) ? »
« Pourquoi est-ce que j'ai dit ça ? »

Dans nos comportements : 

Pour réduire votre anxiété, vous pouvez avoir tendance à :

  • éviter certaines situations sociales ;

  • parler le moins possible dans un groupe ;

  • préparer très précisément ce que vous allez dire ;

  • répéter mentalement une conversation avant de la vivre ;

  • éviter de regarder les autres dans les yeux ;

  • rester près d'une personne que vous connaissez ;

  • quitter rapidement une situation sociale ou au contraire, éviter d'en quitter une par crainte du jugement ;

  • renoncer à certaines opportunités professionnelles ou personnelles.

Vous pouvez également mettre en place des comportements destinés à éviter de faire une mauvaise impression, par exemple parler très peu, réfléchir longuement avant de répondre ou essayer de contrôler votre voix, votre posture ou votre expression.

Sur le plan physique : 

Comme toute anxiété importante, l'anxiété sociale peut provoquer des réactions physiques :

  • rougeurs ;

  • transpiration ;

  • tremblements ;

  • accélération du rythme cardiaque ;

  • sensation de chaleur ;

  • bouche sèche ;

  • tension musculaire ;

  • difficultés à parler ou à trouver ses mots ;

  • gêne digestive ;

  • sensation de perdre ses moyens.

La peur de montrer ces signes aux autres peut elle-même devenir une source supplémentaire d'anxiété.

Comment le trouble s'installe-t-il et se maintient-il ? 

L'anxiété sociale ne repose pas uniquement sur la peur d'une situation. Elle est souvent liée à la manière dont vous anticipez le regard des autres et à ce que vous pensez que cette situation pourrait révéler sur vous.

Anticiper le jugement

 

Avant une situation sociale, vous pouvez imaginer différentes façons dont elle pourrait mal se passer.

Vous pouvez alors passer beaucoup de temps à préparer ce que vous allez dire, à chercher la « bonne » manière de vous comporter ou à essayer de prévoir la réaction des autres.

Cette préparation peut donner l'impression de mieux contrôler la situation. Mais elle peut aussi renforcer l'idée qu'il faut être parfaitement préparé(e) pour éviter de faire mauvaise impression.

Se surveiller pendant la situation

Lorsque vous êtes très préoccupé(e) par l'image que vous donnez, une partie de votre attention peut rester centrée sur vous-même :

« Est-ce que je parle assez fort ? »

« Est-ce que je rougis ? »

« Est-ce que j'ai l'air nerveux(se) ? »

« Est-ce que je parais intéressant(e) ? »

Cette attention constante portée à votre propre comportement peut paradoxalement rendre les échanges plus difficiles.

Plus vous vous concentrez sur la façon dont vous êtes perçu(e), moins vous êtes disponible pour écouter, participer à la conversation et porter votre attention sur les autres.

Utiliser des comportements de sécurité. 

Lorsque l'anxiété devient trop importante, éviter une situation peut sembler être la solution la plus simple.

Ne pas aller à une soirée, refuser de prendre la parole ou éviter une rencontre permet effectivement de faire baisser l'anxiété immédiatement.

Mais ce soulagement peut renforcer l'idée que la situation était dangereuse ou que vous n'auriez pas été capable d'y faire face.

Les évitements peuvent alors progressivement s'étendre à d'autres situations et limiter de plus en plus votre quotidien.

Éviter les situations sociales. 

Lorsque l'anxiété devient trop importante, l'évitement peut sembler être la solution la plus simple.

Ne pas aller à une soirée, refuser de prendre la parole ou éviter une rencontre permet effectivement de faire disparaître l'anxiété sur le moment.

Mais cela peut renforcer progressivement l'idée que vous ne pourriez pas faire face à ces situations.

Un cercle qui s'auto-entretient

On peut alors retrouver un fonctionnement de ce type :

peur du jugement → anticipation → anxiété → auto-surveillance et comportements de sécurité → évitement → soulagement → maintien de la peur

Ce cercle peut donner l'impression que les situations sociales sont effectivement dangereuses ou qu'il est nécessaire de se protéger pour parvenir à les gérer.

Quelques pistes de traitement du Trouble de l'Anxiété Sociale

La prise en charge de l'anxiété sociale vise notamment à réduire la peur du jugement et à retrouver davantage de liberté dans les relations et les situations sociales.

Le travail thérapeutique peut notamment porter sur :

  • Mieux comprendre ce qui déclenche l'anxiété sociale, notamment les situations redoutées, les pensées concernant le regard des autres et les réactions qui suivent ;

  • Porter moins d'attention à sa propre performance, afin de pouvoir être davantage présent(e) à la conversation et à ce qui se passe réellement dans la situation ;

  • Expérimenter progressivement des comportements différents, par exemple prendre davantage la parole, donner son opinion ou accepter de ne pas avoir préparé chaque échange à l'avance ;

  • Réduire les comportements de sécurité, afin de pouvoir vérifier ce qui se passe réellement lorsque vous ne cherchez pas systématiquement à contrôler l'image que vous donnez ;

  • Faire face progressivement aux situations évitées, pour retrouver la possibilité de participer à des activités, de rencontrer d'autres personnes ou de prendre la parole sans que la peur détermine systématiquement vos choix ;

  • Apprendre à porter un regard différent sur les interactions sociales, en tenant davantage compte de ce qui s'est réellement passé plutôt que de rester centré(e) sur ce que les autres ont peut-être pensé.

L'objectif n'est pas de devenir parfaitement à l'aise dans toutes les situations sociales, ni de ne plus jamais ressentir d'appréhension. Il s'agit plutôt de pouvoir participer aux situations qui comptent pour vous, même lorsque vous ne pouvez pas être certain(e) de l'image que les autres ont de vous.

Questions fréquentes

Image de Laurin Steffens

Quelle est la différence entre la timidité et l'anxiété sociale ?

La timidité est un trait de personnalité courant qui peut rendre certaines interactions plus difficiles, notamment lorsqu'on ne connaît pas encore les personnes.

Dans le trouble d'anxiété sociale, la peur du jugement est généralement beaucoup plus importante et peut conduire à éviter des situations ou à limiter fortement certains aspects de la vie.

La différence tient donc moins au fait d'être à l'aise ou non avec les autres qu'à l'intensité de l'anxiété et à ses conséquences.

Peut-on avoir une vie satisfaisante avec de l'anxiété sociale ?

Oui.

La prise en charge ne vise pas à changer votre personnalité ni à vous rendre plus extraverti(e).

Elle peut vous permettre de réduire la place prise par la peur du jugement et de retrouver davantage de liberté pour choisir les relations, activités et projets auxquels vous souhaitez réellement participer.

Est-ce que l'anxiété sociale signifie que je suis introverti(e) ?

Non.

L'introversion décrit une préférence pour des environnements moins stimulants ou pour des interactions en petit nombre. Ce n'est pas un trouble psychologique.

Une personne introvertie peut avoir de très bonnes relations sociales et ne pas avoir peur du regard des autres.

À l'inverse, une personne très sociable peut souffrir d'anxiété sociale !

Et si je me reconnais un peu dans cette description ?

Vous pouvez être timide, introverti(e) et ne pas souffrir d’anxiété sociale. De la même manière que vous pouvez aussi paraître très sociale et souffrir intérieurement de ce trouble. 

Quoi qu’il en soit, si vous ressentez une gêne dans les situations sociales, l’anticipation de celles-ci ou une souffrance au quotidien, il peut être intéressant de consulter pour faire le point. 

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